vendredi 14 septembre 2007

Dépenses, dépenses,...

Dans son rapport sur les comptes sociaux de la Nation, la Cour des Comptes met en lumière les multiples failles de notre système de protection sociale.
En conséquence, le juges de la rue de Cambon, tirent la sonnette d'alarme, en ce que le déficit approcherait les 12 mds d'euros!
Certes, on peut exciper que l'activité économique somnole, d'une croissance est "molle",..., il n'empêche, ces mauvais chiffres témoignent d'une incapacité à maîtriser les dépenses - et non, une baisse conjoncturelle de recettes.
Ainsi, nous sommes tous des "consommateurs de santé" qui faisons notre marché en pharmacies ,munis de nos ordonnances (qui recensent notre "liste de courses"), et qui règlent leurs achats au moyen d'une carte bleue - où plutôt verte- que l'on dit "vitale".
Culturellement, le français semble percevoir les soins uniquement au travers de son aspect médicamentaire, et pour être considéré comme un bon médecin il faut que celui ci prescrive.
D'ailleurs, combien d'entre nous se disent guéris sans suivre leur traitement ?
Quiconque venant de l'étranger constate que derrière chaque français se cache un pharmacien amateur, possesseur de stocks abondants de médicaments dans l'un ou l'autre de ses placards.
Modération, optimisation des dépenses de santé sont donc nécessaire pour restaurer nos finances sociales.
Pour ce faire, nous devrons ce faisant, trancher entre solidarité et liberté.
Soit diminuer la première - et accroître la part dévolue aux organismes privés-, soit limiter la seconde en introduisant une dose plus ou moins grande de discipline.

dimanche 19 août 2007

"Marchés et psycho"

"J' ai besoin de liquidités, donc je garde les miennes, je ne prête pas, ou seulement si ça en vaut la peine( si le taux est élevé)".
Voici schématiquement la position des banques à l'heure actuelle. L'explication, une peur, celle d'être l'une des "subprimes victimes".
En effet, tous savent que ces prêts hypothécaires consentis à des ménages peu solvables seront à l'origine de moins values, mais nul ne sait exactement s'il est directement concerné.
La "titrisation" de ces créances et leur répartition au quatre coins du globe, avaient vocation à diluer les risques, afin de les minimiser
Cette pratique, au contraire en a crée un. Un risque invisible et impondérable car il relève de la psychologie, des réactions successives des opérateurs de marché, et son lot d'incertitudes - "la meilleure des choses pour anéantir la confiance".
Ainsi, les pertes inhérentes à la chute des bourses mondiales résultent davantage des craintes d'être contaminé que de la maladie en elle même. L'apaisement nécessite donc un placebo réconfortant.

mardi 7 août 2007

La crise des subprimes

Les marchés financiers vivent depuis quelques jours une période secouée, les investisseurs sont sur le qui -vive , un climat de nervosité s'est instauré.
En cause, des "excès d'indulgences", la témérité de nombreux établissements financiers, qui surfant sur les énormes masses de liquidités disponibles (en raison de taux d'intérêt "accommodants", du recyclage des pétrodollars, des réserves de changes des pays émergents)
ont consenti des prêts immobiliers à des ménages à la solvabilité limitée.
L'illusion n'a que duré, la place s'est enfin rendu compte que quel que soit les conditions de marché, l'endettement d'agents à revenus restreints était pour le moins risqué, que les défauts de payement allaient se multipliés.
De ce qu'il est convenu d'appeler "la crise des subprimes", l'on peut retenir au minimum deux choses. La première, c'est que l' "argent pas cher", accroît irrationnellement, et dangereusement, les investissements aventureux. Cela, parce qu' à mesure que s'apprécient les actifs, la gravité de leur chute sera dévastatrice.
La seconde, a trait aux vulnérabilités provoquées par l'intrication des systèmes économiques mondiaux. En effet, les craintes d'éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis, de par ses conséquences prévisibles ( chute de la consommation, resserrement des crédits,...),a complètement déstabilise la quasi totalité des Bourses du globe.
Ce qui prouve au passage, que malgré le développement de la Chine ou de l'Inde " l'économie monde" reste toujours largement hyper-dépendante de l'état de la croissance américaine.
Alors, krak ou simple correction ? , le réponse réside sans doute entre les mains de la Fédéral Réserve, de sa politique de taux, mais plus encore de sa communication.

mercredi 1 août 2007

Le Tour, avec précaution ?

Le principe de précaution est un principe de soupçon.
Les organisateurs du Tour,sont accusées de ne l'avoir pas respecté!
Même le sport est atteint par cet oukase précautionneuse.
Tout coureur est un tricheur en puissance,et tout vainqueur' est assurément.
La présomption d'innocence est devenue présomption de culpabilité.
Tout est méfiance, la suspicion se généralise, et la bonne foi reléguée au rang d'idéalité.
Renversement de la charge de la preuve auquel on assiste insidieusement, c'est aux coureurs de prouver qu'ils ne sont pas dopés.
Aujourd'hui, le Tour de France n' attire pas parce qu'il s'agit d'une épreuve sportive, mais parce-qu'il est devenu un spectacle; la narration d'une équipée, d' une aventure annuelles extraordinaire d'individus.Sur des vélos, ils explosent les records en franchissant vertigineusement les cols.
L'une des solutions serait peut être de responsabiliser les sponsors, car c'est eux qui tiennent les leviers financiers.Il faudrait donc les impliquer dans la lutte afin de faire d'eux les tenants d'une ethique, celle ci pouvant leur servir dans leur stratégie markéting.

samedi 21 juillet 2007

Sarko le Keynesien, le Reaganien ?

Durant toute la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy fut présenté comme un "affreux libéral".
Il est vrai que dans un pays où la mondialisation est perçue essentiellement comme une menace, l'argument pouvait être porteur. Cependant, il a su se faire élire, et ses premiers pas à l'Elysée vont à l'inverse des thèses de ses contempteurs.
En effet, au delà de " l'ouverture ", au delà , de la reprise des thèmes si chers à la gauche ( pouvoir d'achat, le travail,...), il a leur a en plus subtilisé leur maître à penser en matière économique, J.M Keynes.
Le "paquet fiscal": déductibilité des intérêts des emprunts immobiliers, les exonérations sur les heures supplémentaires, sur les donations, les successions,..., sont autant de mesures censées solvabiliser la demande - afin de créer un "choc de confiance", et conquérir ce fameux point de croissance .
Qui plus est, ces 13 milliards d'euros (en régime de croisière) seront financées par le recourt au déficit, ce qui rend hypothétique l'objectif d' un retour à l'équilibre des comptes en 2010.
Au reste, Nicolas Sarkozy multiplie les critiques vis à vis de la Banque Centrale Européenne.
Son orthodoxie anti-inflationiste, et sa passivité - alors que l'euro atteint des sommets - l' agace car cela alimente les déséquilibres extérieurs. Au demeurant, il prône la relance d'une politique industrielle ambitieuse à l'échelle continentale.
Récapitulons : déficit budgétaire, politique monétaire accommodante, stimulation de la demande, réhabilitation de l'Etat ; en cela l'on peut affirmer que Sarkozy applique un Keynesianisme de droite.
Ce premier train de mesures pour être efficace devra être suivi par d'autres dispositions ayant pour but de "dé-rigidifier" le marché du travail ou encore la libéralisation de certains secteurs indûment protégés ( les taxis, les notaires,...). Alors pourra t - on parler de Sarkonomics, à l'image de la politique féconde menée par Reagan en son temps.

samedi 14 juillet 2007

Sarkozy et l'ouverture

Le discours d'Epinal, prononcé le jeudi 12 Juillet par le Président de la République nous éclaire sur sa vision des institutions.
Prônant une "République irréprochable", il a donné quelques pistes pour moderniser le texte de 1958: renforcement du rôle du chef de l'Etat, qui gouverne et assume; un premier ministre, "premier des ministres', c'est à dire un coordinateur; une opposition statutairement reconnue dotée des outils parlementaire ( présidence commission des finances, fixation ordre du jour,...) pour se faire entendre; injection d'une dose de proportionnelle,...
Pour ce faire, une "commission de sage" présidée par Edouard Balladur sera créee et rassemblera des personnalités de droite, du centre et de gauche.
Scandale au Parti Socialiste (P.S), c'est l'hémorragie ! Après Besson, Jouyet, Kouchner, et dans autre registre Vedrine et Dsk, voici Jack Lang, son illustre ministre de la culture - par ailleurs docteur en droit public, ancien doyen de la faculté de Nancy - qui céderait aux sombres sirènes de l'ouverture.
Quelle virtuosité de N. Sarkozy, en agissant ainsi, il engrange un triple bénéfice. Il déboussole totalement le Ps, il profite du concourt de personnalités compétentes (tels Jouyet ou Dsk), et obtient l'assentiment des Français.
On savait que l'issue de l'élection présidentielle serait cruciale pour la France, et qu'elle l'engagerait soit dans l'action, soit dans l'inertie.
En choisissant d'élire un Français de "sang mêlé" porteur d'un vrai projet, les électeurs ont clairement ( 53 % au second tour) refusé le règne de l'irréalisme.
La France serait donc de droite.
Mais avec du recul, comment pourrait il en être autrement, on peut en effet légitimement se demander si l'on peut encore aujourd'hui être de cette gauche.
Elle refuse le monde tel qu'il est , et feint de toujours croire au "grand soir", son message est brouillé et ses leaders moins socialistes que soucieux.
Soucieux de leur avenir, soucieux d'eux même.

lundi 2 juillet 2007

une forme nouvelle de présidence

Suite à l'élection présidentielle de 2002, nombreux sont ceux qui avaient stigmatisé la dépolitisation du peuple Français, son incroyance en la politique.
En attesteraient, une abstention en constante augmentation, une baisse des scores des deux grands partis de "gouvernement", et le succès relatif du Front National.
Ainsi, le pouvoir politique serait impuissant face aux puissances d'argent, aux prédateurs, gérants de fonds anglo-saxons, et autres oripeaux de la mondialisation.
Actuellement, j'observe, que certains se plaignent de l'"activisme" du President Sarkozy, que cela instaurerait un pouvoir "omnipuissant", qui éclipse l'ensemble du gouvernement- en particulier "son chef".
Aucun cependant, ne semble s'interroger sur la pertinence de ce mode de gouvernance. Aucun, n'a pris le temps de regarder ce qui se passait au delà de nos frontières, et aucun n'a esquissé l'hypothèse qu'il s'agissait d'une demande de la majorité de ceux qui se sont déplacés en masse le 06 mai .
Ce qui sur, à l'inverse, c'est que la "Présidence-Elyseenne" est de nos jours inefficace, les désillusions du Mitterandisme , et l'immobilisme Chiraquien en sont les meilleurs exemples.
Une "Presidence de Terrain" mérite donc d'être expérimentée, une façon d'opérer qui apparaît plus en phase avec les défis d'un "monde plat" et ses risques globaux ( terrorisme, prolifération nucléaire, climat,...).
Dans ce contexte, la France ne peux plus attendre, elle a besoin d'exprimer enfin son potentiel, de se libérer de ses craintes, bref, de se "décomplexée".
Pour ce faire, les réformes parfois douloureuses -mais nécessaires - devront être prises, ce qui requiert un Président légitimé, estimé, et susceptible de rassembler.
Sur ce dernier point, je constate que Sarkozy joue juste.
En faisant l'ouverture, il se positionne davantage comme le Président de tous et non pas comme le "ministre de tout" comme dénoncent quelques éléphants rabougris.